Rapport d'activité - Campagne de 2017

Écrit par Super Utilisateur

 

La campagne 2017 de la MATD sur le tell Dibgou s’est déroulée du 30 août au 2 octobre 2017. Le CSAE était représenté par Messieurs les inspecteurs ‘Ezz ed-Din Sa‘id ‘Ezz ed-Din et ‘Ala Mohammed ‘Abd el-Rahman. L’équipe était constituée de Philippe Brissaud (directeur), Christelle Desbordes (directrice adjointe), Benoît Kirschenbilder (archéologue), Béatrice Magdinier (archéologue) et Jean-François Baratin (archéologue). La Mission a contribué à la formation de deux inspecteurs aux relevés archéologiques et au dessin d’objets.

 

Etude d’un vaste quartier de la ville pharaonique de Dibgou

 

Les opérations que nous avons menées lors des saisons précédentes ont permis d’établir que la ville de Dibgou, d’origine pharaonique, s’est d’abord implantée dans les parties sud et ouest du tell au cours de la Troisième Période Intermédiaire avant de se développer sur l’ensemble du site à l’époque gréco-romaine. En 2016, un vaste quartier de la cité, daté de la Basse Epoque et de l’époque ptolémaïque, a été mis au jour en contrebas des pentes occidentales du tell. Plus de 900 m2 de ce quartier densément bâti ont ainsi été révélés et les données visibles au sol indiquaient clairement que l’urbanisation du secteur s’étendait bien au-delà des limites de notre fouille.

Cette année, nous avons décidé d’étendre nos recherches vers le Sud afin de compléter le plan des bâtiments édifiés dans ce quartier de la ville et d’obtenir une vision plus claire de l’évolution du parcellaire dans ce secteur tout au long du premier millénaire avant notre ère. Plusieurs constructions en briques crues ont ainsi pu être identifiées et ajoutées au plan général de la zone.

Parmi les objets découverts en relation avec ces installations, figuraient plusieurs poteries de belle facture ainsi que la partie supérieure d’un oushebti en faïence égyptienne attribuable à la Basse Epoque.

 

Oushebti en faïence verte mis au jour dans un secteur de la ville densément bâti à l’époque pharaonique, en contrebas des pentes occidentales du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Oushebti en faïence verte mis au jour dans un secteur de la ville
densément bâti à l’époque pharaonique, en contrebas des pentes
occidentales du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Au Sud de ces bâtiments, nous avons mis au jour les restes d’un imposant monument édifié en briques cuites, dont la majorité étaient de format carré. Même si le matériel associé à cette structure s’est fait rare, il était stratigraphiquement daté d’une période allant de la Basse Epoque à l’époque ptolémaïque. Il s’agit là d’une découverte très intéressante car il est rare de rencontrer des bâtiments en briques cuites à cette époque, où les constructions étaient plus largement constituées de briques crues. Ce module de briques n’avait en outre jamais été observé ni sur le tell Dibgou ni sur le tell voisin de Sân el-Hagar. Le bâtiment reposait sur une construction en briques crues jaunes d’aspect comparable aux maçonneries mises au jour à grande profondeur dans un sondage réalisé plus au Nord en 2016 et datées de la Troisième Période Intermédiaire ou de la Basse Epoque. Les caractéristiques de ce monument indiquent qu’il existait à cet endroit, à une époque où la ville était déjà bien développée, un bâtiment d’envergure dont nous ignorons pour l’heure la fonction mais qui a certainement dû jouer un rôle important dans la vie de ce quartier ouest de l’agglomération. Il nous faudra, au cours des saisons à venir, approfondir l’étude de ce monument et des installations qui l’entouraient afin d’accéder à une vision claire de l’organisation de ce vaste espace urbanisé et de son évolution au fil du temps.

 

Détail du secteur contenant les restes d’un imposant bâtiment édifié en briques cuites et daté de la Basse Epoque ou de l’époque ptolémaïque, dans la partie ouest du tell. Vue prise en direction du Sud en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Détail du secteur contenant les restes d’un imposant bâtiment édifié en briques cuites
et daté de la Basse Epoque ou de l’époque ptolémaïque, dans la partie ouest du tell.
Vue prise en direction du Sud en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Cette année, nous avons également entrepris de rattacher ce quartier de la ville pharaonique, qui se développait en contrebas des pentes occidentales du tell, aux constructions d’époque médiévale situées au sommet des collines occidentales du site, parmi lesquelles se trouvaient les citernes en briques cuites dont nous avions commencé l’étude en 2014. Nous souhaitions ainsi obtenir une vision d’ensemble des différentes phases d’occupation de la ville au cours des deux millénaires qui ont constitué son histoire. Pour ce faire, nous avons réalisé une série de sondages échelonnés du sommet à la partie basse des pentes du tell.

Dans le sondage le plus bas, situé immédiatement à l’Est des installations urbaines d’époque pharaonique évoquées plus haut, nous avons mis au jour une épaisse construction en briques crues jaunâtres, à laquelle étaient associées plusieurs monnaies en bronze d’époque ptolémaïque. Par sa datation et son apparence, ce bâtiment se rattachait directement à la vaste zone d’occupation urbaine développée dans toute la partie ouest du tell au cours de la période grecque.

 

Construction en briques crues d’époque ptolémaïque mise au jour dans la partie basse des pentes occidentales du tell. Vue prise en direction du Sud en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Construction en briques crues d’époque ptolémaïque mise au jour dans la partie basse
des pentes occidentales du tell. Vue prise en direction du Sud en septembre 2017
(Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Un peu plus haut, à mi-hauteur des collines occidentales du tell, un deuxième sondage a révélé la présence d’une installation romaine à cet endroit. Plusieurs murs de briques crues et deux foyers domestiques ont été identifiés. La céramique et les pièces de monnaie qui leur étaient associées ont permis de confirmer cette datation. Le lien était ainsi fait entre les niveaux d’occupation de Basse Epoque et d’époque ptolémaïque mis au jour plus bas et les installations médiévales qui se développaient plus en hauteur, mettant en lumière la continuité des phases de développement de la ville tout au long des deux millénaires qu’a duré son histoire.

 

Murs et foyers d’époque romaine mis au jour à mi-hauteur des collines occidentales du tell. Vue prise vers l’Est en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Murs et foyers d’époque romaine mis au jour à mi-hauteur
des collines occidentales du tell. Vue prise vers l’Est
en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

A proximité des constructions romaines découvertes dans ce sondage, le socle d’une statuette en calcaire orné d’inscriptions hiéroglyphiques sur chacune de ses faces a été mis au jour. Il s’agissait d’une statuette représentant le dieu faucon Horus dressé sur deux crocodiles, dont seules les pattes enserrant les crocodiles et la queue nous sont parvenues. L’étude des inscriptions contenues sur ce socle nous apportera peut-être des informations inédites sur l’histoire de la ville, dont nous ignorons encore le nom aux époques anciennes, ainsi que sur la nature des cultes qui y étaient développés.

 

Socle de statuette représentant Horus sur les crocodiles mis au jour à proximité d’installations romaines sur les pentes occidentales du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Socle de statuette représentant Horus sur les crocodiles mis au jour
à proximité d’installations romaines sur les pentes occidentales du tell.
Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Enfin, nous avons mis en place un vaste sondage au sommet des collines occidentales du tell, à proximité de l’une des citernes à eau étudiées en 2014. Il s’agissait ici d’obtenir une datation plus précise de ce bâtiment et de définir dans quel contexte il se développait. Plusieurs niveaux de sol et de fondation ont été dégagés, sans toutefois que l’on puisse les relier à une fonction précise. D’abord attribué à une occupation byzantine, cet ensemble a finalement pu être daté des débuts de l’époque musulmane.

 

Citerne et aménagements environnants situés sur la partie haute des collines occidentales du tell. Vue prise en direction du Sud en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Citerne et aménagements environnants situés sur la partie haute des collines occidentales du tell.
Vue prise en direction du Sud en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Les opérations réalisées au cours de cette saison 2017 dans la partie ouest du tell Dibgou ont donc permis de confirmer l’ampleur et l’importance de l’installation urbaine développée dans ce secteur. La qualité des bâtiments mis au jour ainsi que la richesse du matériel qui leur était associé attestent du dynamisme de la cité tout au long du premier millénaire avant notre ère.

Ce sont également les différentes phases d’occupation de la ville qui se dessinent désormais du haut en bas des pentes du tell. Tel un livre à ciel ouvert, chaque page de l’histoire de la cité se superpose aux autres. Dans les niveaux bas, ce sont d’abord les quartiers de la cité grecque que nous découvrons. Viennent un peu plus haut les installations d’époque romaine, puis les bâtiments de la cité médiévale. L’image est belle et l’information précieuse dans ce vaste secteur dont la hauteur et la concentration des vestiges nous offrent la possibilité d’obtenir une vision globale de l’histoire de la ville sur près de deux millénaires.

 

Recherche du temple de la Dibgou pharaonique

 

L’ampleur prise par la ville à l’époque gréco-romaine ne laisse désormais aucun doute sur le fait que Dibgou possédait ses propres lieux de culte. D’après la topographie générale du site, le temple principal de la ville devrait se situer dans la partie centrale du tell, entre six et huit mètres sous la surface actuelle du sol.

Un important sondage avait été mis en place en 2016 à l’emplacement probable de ce temple pharaonique. Cette année, nous avons agrandi vers le Sud et approfondi ce sondage pour tenter d’atteindre les niveaux anciens et obtenir ou non confirmation de nos hypothèses.

Dans les niveaux supérieurs, sont apparues les ruines de plusieurs bâtiments d’époque médiévale qui se développaient en dehors de notre zone de travail. Ils s’organisaient de part et d’autre d’une rue centrale dont le niveau de circulation était marqué par la présence de fragments de mortier de chaux. Dans la partie sud-est du sondage, l’angle d’un bâtiment possédait encore son niveau de sol, sur lequel plusieurs poteries ainsi qu’une meule ont été mises au jour. Immédiatement au Nord, le seuil d’une porte était conservé, auquel était là encore associées une meule et une poterie. Dans ce secteur, un pendentif en bronze formé d’une croix polylobée a été découvert. Ces installations venaient s’accoler à une structure préexistante à l’histoire complexe dont il ne restait qu’une conduite d’évacuation se déversant dans une fosse septique maçonnée. L’attention portée à la construction de cette descente pourrait indiquer son appartenance à un bâtiment d’importance aujourd’hui disparu. Le fond de la fosse était constitué d’une terre noire et grasse contenant beaucoup de tessons de poterie ainsi qu’un flacon en terre cuite.

Les constructions tardives découvertes dans l’ensemble de ce sondage étaient bâties en briques cuites et leurs fondations contenaient des blocs de calcaire. L’utilisation massive de blocs de calcaire dans les monuments du secteur pourrait constituer le témoignage indirect de la présence d’un bâtiment cultuel à proximité immédiate. Sur une surface dégagée d’environ 100 m2, ce sont en effet plus d’une quarantaine de blocs de tailles diverses, et manifestement réutilisés sur une longue durée, qui ont été mis au jour. Sur l’un des blocs remployés à l’époque médiévale dans le soubassement des bâtiments édifiés dans la partie sud-est de notre sondage, nous avons pu admirer les restes d’un décor pharaonique constitué de deux colonnes contenant chacune un collier orné d’un pendentif figurant une fleur de lotus. Il s’agit là du premier bloc décoré d’époque pharaonique jamais mis au jour sur le tell Dibgou. Il fait écho aux nombreux fragments de blocs de calcaire visibles sur le site, parmi lesquels un fragment décoré découvert en 2015 qui figurait une partie de la couronne rouge portée par le roi de Basse Egypte.

 

Détail du décor du bloc remployé mis au jour dans les fondations d’un bâtiment d’époque médiévale au centre du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Détail du décor du bloc remployé mis au jour dans les fondations
d’un bâtiment d’époque médiévale au centre du tell.
Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Après avoir réalisé l’étude complète de cet ensemble architectural, nous sommes descendus dans les niveaux inférieurs. Immédiatement sous le niveau de la rue centrale, plusieurs inhumations anciennement perturbées ont été repérées, ainsi qu’une quantité importante de fragments de poterie. Les terrains sous-jacents, assez pauvres en matériel, ont tout de même pu être datés de l’époque byzantine ou du tout début de la période musulmane. Plus profondément encore, à près de sept mètres sous la surface du sol, une épaisse masse de briques crues, coupée à l’Ouest et à l’Est par deux fosses, occupait toute la partie centrale du sondage. Nous avons suivi cette masse de briques sur plus d’un mètre de hauteur sans en atteindre la base, et nous n’avons pu définir l’emplacement de ses faces, situées au-delà des limites de notre sondage. La faible luminosité et l’humidité qui étaient présentes au fond du sondage rend complexe toute affirmation, mais d’après l’aspect et l’agencement des briques mises au jour, il s’agit probablement d’une partie du segment nord d’une enceinte datable de l’époque ptolémaïque. Ce segment, orienté selon un axe Ouest-Est, devra être plus largement dégagé pour que nous puissions confirmer cette première identification. Son emplacement, son orientation, sa datation ainsi que la profondeur à laquelle il a été découvert sont en parfaite cohérence avec la présence supposée d’un temple dans la partie centrale du tell à une époque où la ville avait atteint un niveau d’activité et de développement important.

 

Découverte, à près de sept mètres sous la surface du sol, d’une épaisse masse de briques crues au centre du tell. Vue prise vers le Nord en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Découverte, à près de sept mètres sous la surface du sol,
d’une épaisse masse de briques crues au centre du tell.
Vue prise vers le Nord en septembre 2017
(Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Au Sud de notre sondage principal, deux autres sondages ont été mis en place au cours des derniers jours de la campagne dans l’axe Ouest-Est supposé du temple que nous recherchons afin de préparer le travail qui aura lieu dans ce secteur lors de notre prochaine saison de fouille. Dans les niveaux supérieurs, un vaste bâtiment a été repéré qui s’étendait sur toute la surface des deux sondages et dont les murs se poursuivaient au-delà des limites de notre fouille. D’une structure et d’un style différents de ceux des bâtiments jusqu’ici mis au jour dans le secteur, l’édifice a pu être dégagé sur 11 mètres de large, 21 mètres de long et environ un mètre de profondeur. Il se développait selon une orientation générale Est-Ouest. Nous n’avons pas atteint le niveau de sol du monument et en ignorons donc l’importance de l’élévation encore en place. Deux larges ouvertures ont été repérées sur les murs nord et est du bâtiment sans qu’aucun système de seuil n’ait pu être mis en évidence. Dans l’angle nord-est de l’édifice, un support maçonné en briques cuites et en calcaire a été mis au jour. Sur son mur nord, de part et d’autre de l’ouverture évoquée précédemment, deux colonnes engagées en briques cuites semblaient attester de l’importance du dispositif. A proximité de ce mur nord, un fût de colonne en calcaire de près de deux mètres de long a été découvert, couché vers le Sud, ainsi qu’un autre fût plus court. L’intérieur du bâtiment était rempli de gros blocs de maçonnerie en briques cuites liées au mortier de chaux. D’après leur disposition et leur aspect, il semblerait que ces éléments constituent les restes d’un système de maçonnerie lourde mis en place dans l’axe du monument et qui aurait été détruit volontairement.

 

Détail du vaste édifice d’époque médiévale mis au jour au centre du tell, au Sud du sondage initial de recherche du temple pharaonique. Vue prise en direction du Nord-ouest en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Détail du vaste édifice d’époque médiévale mis au jour au centre du tell,
au Sud du sondage initial de recherche du temple pharaonique.
Vue prise en direction du Nord-ouest en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Nous développerons l’étude de cet édifice lors de notre prochaine saison de fouille afin d’en obtenir le plan complet et d’en définir la fonction. D’après les caractéristiques de son plan et des éléments architecturaux encore en place à l’intérieur, il est probable qu’il s’agisse d’un lieu de culte chrétien. La présence d’un tel monument au cœur de la cité à l’époque médiévale serait naturelle puisque la ville de Dibgou resta majoritairement peuplée de Coptes jusqu’à la fin de son histoire. Quelle que soit la fonction de ce bâtiment, il apparaît clairement qu’il possédait la même orientation Ouest-Est que le temple d’époque pharaonique que nous recherchons et qui devrait se situer entre six et sept mètres sous la surface actuellement atteinte dans le secteur. Remarque intéressante quand on sait que nombre de lieux de culte chrétiens se sont implantés sur les lieux mêmes d’anciens temples païens. Une fouille de grande ampleur devra être menée dans ce secteur afin de pouvoir répondre aux nombreuses questions que la découverte de ce bâtiment engendre.

 

Un îlot d’habitations de la Dibgou médiévale

 

Sur les crêtes orientales du tell, nous avons achevé l’étude de l’îlot d’habitations découvert lors des saisons précédentes et daté du début de l’époque musulmane. Cet ensemble était composé de trois bâtiments, installés côte à côte du Nord au Sud, au croisement de deux rues en terre durcie, l’une au Nord et l’autre à l’Ouest.

Le bâtiment 1, situé au Nord, était constitué de plusieurs pièces, dont une salle d’eau, une pièce de vie et un espace à vocation culinaire équipé de deux foyers avaient été dégagés au cours des années précédentes. En 2017, nous avons approfondi la fouille de la vaste pièce repérée en 2016 dans la partie orientale de la demeure et dans laquelle deux niches, l’une circulaire et l’autre surmontée d’un arc lacunaire, avaient été découvertes. La pièce possédait en réalité trois niches installées en hauteur, dans la partie supérieure de ses murs : une niche voûtée surmontée d’un arc dont seule la base était conservée sur son mur oriental, une niche quadrangulaire sur son mur sud et une niche de plan ovoïde dans son angle sud-ouest. Ces trois installations n’étaient associées à aucun matériel et semblent correspondre à un état d’aménagement du bâtiment postérieur à sa construction initiale.

 

Crêtes orientales du tell. Niche voûtée surmontée d’un arc mise au jour sur le mur est du bâtiment 1. Vue prise en direction de l’Est en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Crêtes orientales du tell. Niche voûtée surmontée d’un arc mise au jour sur le mur est
du bâtiment 1. Vue prise en direction de l’Est en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Le remplissage éolien de cette pièce contenait de nombreux roseaux ayant appartenu à la couverture de l’espace, mais aucune poutre n’a en revanche été mise au jour. Cette caractéristique, qui se retrouvait dans le remplissage des trois habitations, indique probablement que les poutres en bois, matériau plus coûteux que le roseau, ont dû être récupérées après l’abandon des lieux.

Dans la partie inférieure du remplissage de la pièce, de nombreux éléments de mobilier en bois ont été mis au jour, dont plusieurs dizaines d’éléments de moucharabieh, des éléments de volets ou de portes de meuble portant un décor de marqueterie, ainsi que des pieds et éléments de meubles ornés de plaques en os fixées par de petits clous en bois et entièrement constituées d’un décor ajouré représentant des motifs végétaux et animaliers. Ces niveaux contenaient également une planche de près de deux mètres de long ayant probablement appartenu à une porte de grande dimension ainsi que le fût d’une colonnette en calcite d’un type semblable à celle découverte en 2015.

 

Plaque en bois ornée d’un décor en marqueterie d’os et de bois. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Plaque en bois ornée d’un décor en marqueterie d’os et de bois.
Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Elément de meuble en bois sur lequel est fixée une plaque en os ornée d’un décor ajouré constitué de motifs animaliers. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Elément de meuble en bois sur lequel est fixée une plaque en os ornée d’un décor ajouré
constitué de motifs animaliers. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Dans l’angle sud-ouest de la pièce, un sondage nous a permis d’atteindre son niveau de circulation et de mettre en relation ses murs sud et ouest avec le seuil en calcaire dégagé en 2016 et qui donnait accès à la pièce possédant deux foyers, située immédiatement à l’Ouest de celle-ci. Contrairement à d’autres pièces de l’habitation, qui possédaient un sol dallé de briques cuites, le sol de cette pièce, à cet endroit, n’était pas construit et se distinguait par une surface de terre légèrement durcie.

L’espace formant l’angle nord-ouest de la demeure a également été étudié. D’une histoire complexe, il se subdivisait en plusieurs pièces dont la fonction et la structure ont évolué au fil des réaménagements connus par l’habitation, et notamment lorsque la salle d’eau étudiée en 2015 fut bâtie. Nous nous situons ici à l’Ouest de la pièce précédemment évoquée et au Nord de la salle d’eau, de la pièce de vie et de la pièce contenant des foyers étudiées lors des saisons précédentes. Ayant certainement fonctionné comme l’entrée principale de la demeure, cet espace mettait en relation la porte monumentale mise au jour en 2015 sur le mur nord du bâtiment avec les autres pièces de la maison. Deux seuils de calcaire y ont été identifiés et des surfaces noircies étaient visibles sur les murs de son angle nord-est, indiquant la présence à cet endroit d’anciens foyers mobiles.

La porte principale du bâtiment, ainsi qu’une grande partie de sa façade nord, a été dégagée. Cette porte en bois à double battants était surmontée d’un arc en briques cuites et décorée de rangs de grosses têtes de clous sur sa face extérieure. Très endommagée par l’action du sel, elle était maintenue par une épaisse croûte de sel qui recouvrait l’ensemble de sa face intérieure. Ses battants pivotaient sur des crapaudines en bois, l’extrémité de leur partie pivotante ayant été renforcée par une cupule métallique. Le seuil de la porte était constitué de plusieurs poutres de bois assemblées et fixées sur quelques lits de briques cuites.

 

Crêtes orientales du tell. Façade nord du bâtiment 1, donnant sur la rue. Entrée principale de la demeure, constituée d’une porte en bois à double battants surmontée d’un arc en briques. Vue prise vers le Sud en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Crêtes orientales du tell. Façade nord du bâtiment 1, donnant sur la rue.
Entrée principale de la demeure, constituée d’une porte en bois à double battants
surmontée d’un arc en briques. Vue prise vers le Sud en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

L’aboutissement de l’étude de cette riche demeure et le dégagement de la rue qui longeait sa façade nord nous offrent désormais une vision claire de son histoire, de ses différentes phases d’aménagement, de sa relation avec les habitations alentours et de son implantation dans le parcellaire de la cité médiévale de Dibgou.

 

Nous avons également poursuivi la fouille du bâtiment 2, situé immédiatement au Sud du précédent. Nous avons concentré notre travail sur la partie ouest de la demeure, en bordure de la rue qui longeait l’îlot du Nord au Sud. Au Sud de son couloir d’entrée dallé de briques, mis au jour en 2016, notre attention s’est portée sur une petite pièce formant l’angle sud-ouest de la maison et dont nous pensions, d’après son emplacement et ses dimensions, qu’elle pouvait avoir été aménagée en salle d’eau, s’apparentant ainsi à celle que nous avions découverte en 2015 dans le bâtiment 1. Notre hypothèse s’est rapidement confirmée par la mise au jour d’une très belle salle d’eau, parfaitement conservée. Comme celle du bâtiment 1, elle devait servir de douche et de toilettes, permettant à ses occupants d’effectuer toutes les ablutions qu’ils souhaitaient et leur offrant le meilleur des conforts.

 

Crêtes orientales du tell. Salle d’eau parfaitement conservée mise au jour dans la partie ouest du bâtiment 2. Vue prise du haut du mur est de la pièce d’eau en direction de l’Ouest, en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Crêtes orientales du tell. Salle d’eau parfaitement conservée mise au jour
dans la partie ouest du bâtiment 2. Vue prise du haut du mur est de la pièce d’eau
en direction de l’Ouest, en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Le couloir qui menait à la salle d’eau était orné d’un sol en briques cuites agrémenté de quelques fragments de dalles de calcaire. L’entrée dans la pièce d’eau se faisait au Nord, par une ouverture dont le seuil était en briques cuites. Un trou aménagé contre le mur sud de la pièce, et cerné de deux pierres de calcaire surélevées par plusieurs lits de briques, permettait l’évacuation des liquides et des matières fécales vers la fosse septique. Un conduit vertical de section carrée, maçonné en briques cuites, constituait en partie le mur sud de la pièce et devait servir à l’aération de la fosse septique, située immédiatement au Sud du bâtiment, dans un espace non bâti formant probablement une cour ouverte. Avec le temps, ce conduit d’aération, tout comme le mur ouest de la maison, a basculé vers l’Ouest, se détachant du reste de la maçonnerie avec lequel il formait le parement sud de la pièce d’eau. Au sol, un dallage de calcaire, bien ajusté et légèrement en pente, permettait l’écoulement des eaux vers le trou d’évacuation.

Sur les côtés ouest et est de la pièce, une banquette de briques cuites était aménagée pour améliorer la fonctionnalité de l’espace. Elles aboutissaient au Sud à un espace maçonné, de forme rectangulaire sur la banquette est et de forme plus indifférenciée sur la banquette ouest, ayant probablement servi à faciliter le déroulement des diverses ablutions pratiquées en ces lieux. Sur chacune des banquettes, au niveau de ces installations maçonnées, étaient encore disposées les poteries ayant autrefois contenu l’eau utilisée par les habitants de la demeure pour se laver : sur la banquette ouest une petite jarre et sur la banquette est une grande jatte décorée qui présentait des traces de réparation. Autre indice du raffinement des lieux, une petite niche était aménagée dans le mur nord de la pièce, permettant à ses usagers d’y déposer un objet à l’abri des projections d’eau ou d’y allumer une lampe à huile pour améliorer l’éclairage des lieux.

Tout comme le bâtiment 1, cette deuxième demeure possédait donc tout l’équipement nécessaire au confort de ses propriétaires et ses caractéristiques sont autant d’éléments attestant du rang de ces dignitaires qui participaient au dynamisme de la cité à une époque où son prestige se répandait bien au-delà des frontières de l’Egypte.

 

L’an dernier, un troisième bâtiment avait été identifié au Sud du précédent. Nous avons cette année décidé d’en établir le plan, qui s’est révélé différent de celui des deux autres bâtisses et moins étendu vers l’Ouest. A l’Est, une vaste pièce possédait dans son angle nord-ouest une niche de plan circulaire comparable à la niche ovoïde mise au jour dans l’angle sud-ouest du bâtiment 1. Cet espace menait à l’Ouest vers quatre autres pièces qui possédaient des subdivisions bâties en briques crues. Le remplissage de l’ensemble de la demeure, constitué d’un niveau de destruction reposant sur un épais dépôt éolien, était identique à celui des deux autres habitations. La pièce située dans l’angle nord-ouest du bloc dégagé disposait encore d’un escalier en bois. Remarquablement bien conservé, il possédait quatre marches et contre-marches. Sa partie haute avait disparu, tandis que sa partie basse aboutissait à un petit palier constitué de dalles de calcaire soutenues par deux murets en briques cuites. La présence de cet escalier, outre le caractère exceptionnel de sa conservation, indique que cette partie au moins de la demeure possédait autrefois un étage, contrairement à ce que l’on avait pu observer dans les deux habitations voisines.

 

Crêtes orientales du tell. Escalier en bois mis au jour dans la partie ouest du bâtiment 3. Vue prise en direction du Nord-est en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Crêtes orientales du tell. Escalier en bois mis au jour dans la partie ouest du bâtiment 3.
Vue prise en direction du Nord-est en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

L’étude de cet îlot d’habitations est désormais achevée. Le plan des trois bâtisses a été réalisé, leur implantation au croisement de deux rues du quartier oriental de la cité a été étudiée, le contenu de leurs pièces a en grande partie été observé, permettant ainsi d’en définir la fonction. Lors de notre prochaine campagne, nous orienterons nos recherches vers d’autres secteurs de la ville afin d’aboutir à une connaissance toujours plus approfondie et exacte de la longue et riche histoire de cette cité, de sa structure originelle et de l’évolution de son organisation au fil des siècles.

 

Vue d’ensemble des trois habitations mises au jour sur les crêtes orientales du tell et des rues qui les encadrent. Vue prise en direction du Sud-est en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Vue d’ensemble des trois habitations mises au jour sur les crêtes orientales du tell
et des rues qui les encadrent. Vue prise en direction du Sud-est en septembre 2017
(Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Au Nord de ce secteur, nous avons enfin poursuivi la fouille de l’épais niveau de dépotoir presque exclusivement constitué de matériaux organiques et qui avait révélé lors des saisons précédentes tant d’objets liés au travail de la fibre textile et de fragments de tissus. Et l’exceptionnel était encore au rendez-vous. Parmi les éléments textiles mis au jour, figuraient plusieurs pièces de vêtements pour adultes et pour enfants. Trois bonnets d’un modèle comparable ont également été découverts, dont un exemplaire quasiment intact illustrant tout le raffinement des artisans du textile œuvrant à Dibgou.

 

Bonnet en lin mis au jour dans la partie orientale du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Bonnet en lin mis au jour dans la partie orientale du tell.
Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Ces terrains nous ont aussi livré plusieurs pièces de tissu en lin décorées de frises géométriques multicolores. Parmi les nombreux objets découverts dans ce secteur, l’on peut enfin citer un peigne en bois, une plaquette en os ornée d’un décor végétal, ainsi que trois fragments de lettres écrites en arabe sur papier à l’encre noire.

 

Fragment de tissu en lin orné d’une bande décorative aux couleurs variées, mis au jour dans la partie orientale du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Fragment de tissu en lin orné d’une bande décorative aux couleurs variées,
mis au jour dans la partie orientale du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Fragment de tissu en lin orné d’une bande décorative aux couleurs variées, mis au jour dans la partie orientale du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Fragment de tissu en lin orné d’une bande décorative aux couleurs variées,
mis au jour dans la partie orientale du tell. Septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Cette année encore, nous sommes heureux d’avoir pu mettre en œuvre un chantier alliant la fouille d’une cité médiévale de prestige à la fouille d’une ville pharaonique née au cours du premier millénaire avant notre ère et dont la mémoire s’était perdue pendant plusieurs siècles. D’un intérêt de premier plan, nos découvertes font chaque année rejaillir davantage les différentes phases de l’histoire de Dibgou.

L’ampleur de son implantation urbaine dès la Basse Epoque et l’accroissement constant de la ville aux époques ptolémaïque et romaine sont désormais établis. Les éléments architecturaux associés au temple qui structurait la cité à l’époque pharaonique commencent à émerger. Le matériel mis au jour souligne le dynamisme de cette ville pourtant demeurée dans l’oubli au cours des siècles passés. Enfin, la richesse et le raffinement de la cité médiévale de Dibgou continuent de resurgir pour notre plus grand émerveillement.

 

Mise au jour d’un bloc décoré d’époque pharaonique remployé dans les fondations d’un bâtiment d’époque médiévale au centre du tell. Vue prise vers le Sud en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)
Mise au jour d’un bloc décoré d’époque pharaonique remployé dans les fondations
d’un bâtiment d’époque médiévale au centre du tell. Vue prise vers le Sud
en septembre 2017 (Cliché MATD / Christelle Desbordes)

 

Associés à l’ensemble des monuments mis au jour et des informations stratigraphiques récoltées, ce sont encore près de 200 objets d’époque pharaonique et médiévale qui ont été découverts cette année sur le site, fenêtre ouverte sur la vie des habitants ayant peuplé la cité pendant près de deux millénaires qui invite à imaginer les trésors que ces terres recèlent encore.

L’émergence de ces nouvelles données enrichit notre connaissance de la répartition des villes dans la région au cours du premier millénaire avant JC. C’est aussi tout notre savoir sur les modes de vie des Egyptiens du Moyen-Âge qui s’en trouve amélioré. Les recherches archéologiques qui seront réalisées au cours des prochaines années au cœur de la cité pharaonique et médiévale de Dibgou continueront de faire progresser notre compréhension de l’histoire de cette région du Nord-est du Delta du Nil au cours des deux millénaires qui l’ont vu naître et se développer.

 

 

Projet de financement participatif 2017 "Dibgou l'Egyptienne 2017". Liste des contributeurs

 

Les activités de la MATD sont financées par la Société Française des Fouilles de Tanis (SFFT) et l’ensemble de ses adhérents. En 2017, grâce à la mise en place du projet de financement participatif « Dibgou l’Egyptienne 2017 » sur le site internet de Ulule, 111 personnes et associations se sont jointes aux membres de la SFFT pour permettre le financement de notre campagne de fouille annuelle sur le tell Dibgou. Nous remercions chaleureusement l’ensemble des adhérents de la SFFT et des participants au projet « Dibgou l’Egyptienne 2017 », grâce à qui nous avons pu mener à bien le programme de cette saison 2017.

Voici la liste par ordre alphabétique des contributeurs au projet développé chez Ulule et qui ont accepté que leur nom soit cité :

 

Association d’Egyptologie Périgourdine Kemet

Agnès Guyon Langlais

Association Egyptologique de Gironde

Virginie Huguenard

Emad Abdel Maaboud

Mahmoud Ismail

Agnès et Xavier Amiot

Isabelle Isnard

Jean-François et Nicole Baratin

Jean-Marc Israël

Marie Baratin

Jérôme Jehel

Céline Barbe

Michel et Nicole Journau

André Baudrit

Denise Keplinger-Sorkin

Laure Beaucour

Liliane Kerisit

Daniel Berrubé

Michèle Lacave

Marie-Thérèse Blaquière

Jean-Luc Laflèche

Antoine Bloc

Bernard Lalanne

Christian Bobot

Christian Lalière

François Boisset

Dominique Lamballais

Yvonne et André Bonnamy

Claude Landré

Janine Bouffard

Gwenola Langlais

Damien Bouiges

Anne-Marie Le Capitaine

Annie Boulc’h

Christian Lebrument

Didier Brégeaut

Elisabeth Lezé-Olivier

Susan et Pierre Brissaud

Philippe Lobstein

Audrey Brun

Arlette Loric

Nicolas Chabrières

Cécile Maincion

Gérard Chambost

Pascal Mary

Jacques Chantereau

Marie-Joseph Mazel

Eva Chateau

Jean-Claude Meynet

Janie Chun Hung Kee

Benjamin Navarrete

Nadine et Eduardo Constantino

Marie-Claire Naveau

Flora Couhault

Lise Nivet

Dominique Couson

Sawsan Noweir

Marie-Claire Coustenoble

Daniel Pandolfi

Sophie Crançon

Monique Pigé

Jean-Jacques Crappier

Jacqueline Porcher

Marie-Claire Cuvillier

Thérèse Portier

Frédérique Degallaix

François Reboul

Hélène Deharo

Jean Renaud

Jean Desbordes (Aluminort SA)

Olivier Renault

Nicolas Desbordes

Bruno Robert

Mireille et Claude Desbordes

Christiane Rolando

Danielle Ducos Tridat

Gisèle et Pierre Roncin

Catherine Duthoit

Jean Rougemont

Véronique Faraus

Marinette Rougier

Michèle et Claude Gillet

Cathy Roumy

Sylvie Giovannetti

Pascal Roussel

Luc Glaud

Ferney Santini

Isabelle Glorieux

Christian Sanvoisin

Noëlie Goupil

Michèle Stehlé

François et Yvonne Gourdon

Pierre Tardat

Joël Grouas

Jacqueline Tomasson

Bernard Guericolas

Roseline Tricetti

Sylvie Guichard

Frédéric Troquet

Pierre-André Guignard

Pierre Tullin

Olivier Guignard

Armand Vinçotte

Sylvaine Guyard

Laurent Zarza

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